I/ Caractéristiques du venin de serpent

                  L’action des venins sur l’organisme humain dépend d’un certain nombre de facteurs. Il existe différentes sortes de venins que l’on différencie en fonction de l’espèce qui l’inocule. Les venins sont composés de polypeptides en chaînes alpha et bêta. Chaque peptide est responsable d'un caractère du venin. Plus de 20 enzymes ont été détectées dans les venins de serpent, et 12 sont trouvés dans tous les venins. Par exemple, une de ces enzymes présentes dans tout venin de serpent est l'hyaluronidase qui favorise la diffusion des substances toxiques dans le sang.
                  Les enzymes transforment des substances
en composés nouveaux : il s’agit, le plus souvent, de dégradation ou de modification de structure chimique permettant au nouveau composé d’avoir une action pharmacologique particulière. Certaines enzymes sont dépourvues d’action toxique ou déterminent des troubles cliniques mineurs. D’autres ont une action clinique importante, voire létale. En revanche, l’action toxique peut se prolonger plusieurs jours après la pénétration de l’enzyme, avec des conséquences tardives.
                 Mais le venin est également composé de toxines qui sont des protéines de petites tailles se fixant sur des récepteurs cellulaires spécifiques dont elles perturbent le fonctionnement.


Ainsi, on peut dénombrer trois types de venins différents du à différents types d'enzymes ou de toxines  :

          - les venins cytotoxiques qui affectent et détruisent les cellules, ils peuvent provoquer des douleurs vives dues à des symptômes hémorragiques, une destruction des tissus cutanées, une altération des muscles, des cellules cardiaques et des cellules sanguines.
      Ces effets sont  dus aux endopeptidases présentes dans le venin. Ces enzymes brisent les liaisons peptidiques des protéines ce qui entraîne la libération d'une autre enzyme fonctionnelle et déclenche l'activité des protéases (l'enzyme fonctionnelle). Les protéases interviennent dans la maturation des protéines, dans la digestion des aliments, dans la coagulation sanguine, dans le remodelage des tissus et dans la cicatrisation. Au final, elles provoquent la destruction des tissus conduisant parfois à la nécrose. Ils résultent aussi de la présence de cytotoxines qui provoquent une dépolarisation de la membrane cellulaire.

          - les venins neurotoxiques qui affectent le système nerveux, ils provoquent le blocage de l'influx nerveux c'est-à-dire la paralysie progressive des muscles qui conduit généralement au décès par arrêt du système respiratoire.
      Ces effets sont dus aux neurotoxines présentes dans le venin. Les toxines post-synaptiques se lient au récepteur de l'acéthylcholine de la jonction neuromusculaire et entraînent une paralysie des muscles. Au final, elles bloquent la transmission neuro-musculaire. Les toxines pré-synaptiques, plus volumineuses et plus complexes que les précédentes, empêchent la libération de l’acétylcholine au niveau de la plaque neuro-motrice.
 
          - les venins hémotoxiques qui affectent la circulation sanguine dans les tissus, ils provoquent des hémoragies ou des formations de caillots. Ces effets sont dus aux fibrinolysis présentes dans le venin qui est une enzyme protéolytique ou autrement dit une protéase tout comme l'endopeptidase.


Pour illustrer ce Tpe, nous avons décidé de vous montrer l'exemple du cobra royal (Ophiophagus hannah) sur l'ensemble de notre travail. C'est un serpent op
hiophague, c'est-à-dire qu'il mange d'autres serpents. On le retrouve essentiellement en Inde, en Chine et dans le reste de l'Asie du Sud Est. C'est un protéroglyphe, un serpent présentant deux petits crochets fixes, reliés à la glande à venin, à l'avant du maxillaire supérieur.


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Son venin est de type neurotoxique. Il peut injecter une grande quantité de venin qui pourrait tuer l'équivalent de vingt personnes. Il provoque des douleurs sévères, des vertiges, des paralysies et brouille la vision, il finit par paralyser le diaphragme, la victime tombe alors dans le coma et finit généralement par mourir d'asphyxie. Ces symptômes sont dus aux neurotoxines présentes dans le venin qui agissent directement sur le transfert de l'influx nerveux au niveau des synapses. En effet, elles bloquent les canaux calciques des synapses neuromusculaires : l'influx nerveux des neurones change, on a une dépolarisation des fibres nerveuses qui empêche toute communication avec le reste des cellules.








Définitions :

acéthylcholine : premier neurotransmetteur (composé chimique libéré par les neurones agissant sur des neurones postsynaptiques) découvert qui joue un rôle dans la mémoire, l'apprentissage et le système nerveux périphérique

synapse
: région d'interaction entre deux cellules nerveuses qui constitue une aire de jonction par laquelle le message chimique passe d'un neurone à l'autre
canal calcique
: orifice situé dans la membrane des cellules et permettant le transport de l'ion calcium à travers cette membrane

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