II/ Traitements antivenimeux

                  La conduite à avoir devant une morsure de serpent est difficile à schématiser. Trois niveaux d‘intervention doivent être distingués : les premiers gestes, les traitements médicalisés, le sérum antivenimeux.


1) Les premiers gestes


                  En premier lieu, il faut rassurer la victime et la mettre aussitôt au repos car si elle bouge, le venin se répandra plus rapidement dans le reste du corps. Il convient d'enlever tout objet suceptible de serrer le membre mordu, comme une bague, une chaussure, une montre etc puis de désinfecter avec de l'eau et du savon ou de la bétadine si l'on en a avant d'appliquer un large bandage autour de la plaie en s'assurant qu'il n'est pas trop serré en regardant le pouls mais en maintennant bien le membre mordu. Il est conseillé de mettre la victime en position latérale de sécurité. La succion de la morsure, qui est souvent pratiquée dans les films, est tout à fait inutile et très dangereuse. Cette méthode est donc inadaptée. Ensuite, il est nécessaire d'évacuer le plus rapidement possible la victime vers l'hôpital le plus proche.


2) Les traitements médicalisés


                  Arrivé à l'hôpital, il faut pouvoir identifier l'espèce responsable de la morsure afin d'évaluer la gravité de l'envenimation et le traitement à mettre en place. On vaccine également la victime contre le tétanos selon les règles habituelles face à toute morsure causée par un animal.
                  Si l'envenimation est sévère, on recommandera la sérothérapie. De même, on la recommandera chez l'enfant victime de toute envenimation, même légère. Mais si le sérum monovalent existe, on le privilègiera évidement à la sérothérapie. Dans le cas contraires, des doses importantes de sérum polyvalent seront nécessaires. On pratique d'abord un test de sensibilité en injectant une faible quantité de sérum par voie sous-cutanée ou intradermique, si une réaction cutanée apparait, c'est que la victime risque de faire un choc anaphylactique. Un choc anaphylactique est la forme la plus grave de l'anaphylaxie, c'est-à-dire une réaction allergique sévère et rapide qui apparait généralement au deuxième contact avec le venin par une réaction immunitaire violente. Selon le résultat au test de sensibilité et les moyens de l'hôpital à contrer le choc anaphylactique, on décide ou non de continuer la sérothérapie. Si c'est le cas, le sérum antivenimeux est dilué à raison de 5 à 10% dans du sérum glucosé isotonique ou du sérum physiologique et administré en perfusion. Les anticorps du sérum, en se fixant sur les protéines du venin présentes dans l'organisme, permettent leur élimintation. Les toxines constituent, en principe, des cibles plus rapidement maîtrisées que les enzymes souvent moins immunogènes. Les réactions anaphylactiques sont prévenues par une injection de corticoïdes. A la sérothérapie s'ajoute un traitement symptomatique sans particularités, en évitant toutefois les molécules dont les effets secondaires pourrait renforcer l'action du venin (comme par exemple l'aspirine lors d'une hémorragie). Les troubles respiratoires nécessitent une ventilation assistée d'urgence ou respiration artificielle.


3) Le sérum antivenimeux

                  Pour éviter une sévère aggravation, on utilise un antidote préparé à base de venin. Afin de l'obtenir, on injecte une très faible quantité de venin à des animaux, généralemet le cheval, qui réagissent en produisant des anticorps capables de neutraliser le venin concerné. Les doses injectées sont augmentées petit à petit et la quantité d'anticorps est de plus en plus importante. On prélève ces anticorps que l'on purifie et avec lesquels on fait un antidote spécifique à cette espèce de serpent. En effet, le sérum antivenimeux est spécifique à une espèce.


Que faut-il faire lors d'une morsure de cobra royal ?

                  Elle se traite par la ventilation assistée comme une curarisation, qui doit être poursuivie jusqu’à récupération de la fonction respiratoire puisque le venin de cobra royal entraine la paralysie des muscles respiratoires. La sérothérapie massive répétée permet le déplacement des neurotoxines fixées sur les récepteurs cholinergiques. Des traitements de deux semaines avec l’administration de 125 ampoules de sérum antivenimeux ont permis, dans certains cas, d‘obtenir une guérison sans séquelle.
 







Définitions :
corticoïdes : hormones naturelles de l'être humain ayant des capacités anti-inflammatoires